Lundi 2 novembre 2009 1 02 /11 /Nov /2009 12:01
Je deconseille a tous ceux qui tiennent a la vie de voyager avec kirghize airway. En grimpant dans l'avion pour Bichkek j'ai pense que l'aventure s'arretait la. Mon siege n'etait pas bien fixe et le hublot a ma droite non plus d'ailleurs. Nous etions au moins 10 passagers , tous kirghizes et moi... J'esperais que le pilote etait dans un meilleur etat que le chauffeur de taxi qui m'avait conduite a l'aeroport et nous avons survole les montagnes dans un boucan d'enfer. Par je ne sais quel miracle, nous sommes arrives a Bichkek sains et saufs. J'ai survecu 3 jours et 3 nuits dans un hotel sans chauffage, ni eau chaude dans une chambre commune avec un bresilien et un portuguais. Le quatrieme soir fatiguee par les conversations de mes collocataires, j'ai fugue au milieu de la nuit et grace a un chauffeur de taxi bienveillant, nous avons trouve une chambre individuelle dans une famille kirghize - le luxe en quelque sorte.
Bishkek est tres jolie, la ville entiere est rouge et verte. Il y a des parcs partout, les feuilles des arbres sont jaunes et les bancs sont bleus turquoises ( je vais m'appliquer a decrire les paysages car il va falloir se passer de photos, la connexion internet est trop lente). La ville est tres occidentale et partout des couples s'embrassent amoureusement, enfin un pays ou l'amour n'est pas interdit et la femme n'est pas releguee a sa fonction primaire. Les femmes sont tres respectees et emancipees. On m'explique qu'en tant que nomade, la femme participe a la vie sociale au meme titre que l'homme. Il y a aussi des organisations puissantes de femmes qui luttent pour leurs droits. Dans ma famille d'acceuil, la femme commande et l'homme cuisine, le reve... On me demande pourquoi mes parents m'ont laissee voyager seule, car a 15 ans, leur fille n'avait pas le droit de sortir. Je leur explique que je n'ai pas 15 ans mais presque le double. Je leur montre mon passeport pour preuve, ils ne me croient toujours pas. Plus tard, je vois arriver leur fille de 25 ans avec ses deux enfants... c'est peut etre eux qui ont raison apres tout.
Je trepigne car je vais rencontrer la grande dame qui promeut l'art et l'artisanat kirghize. Ses voisins celebrent le jour meme l'entree dans l'Islam de leurs deux fils et elle me convie a me joindre a eux. Mes yeux n'ont jamais vus un tel festin pose sur une table, il n'y a pas un centimetre carre sans une coupe de confiture ou un plat traditionnel, ou une assiette de legumes, ou des noix et des amandes... Je mange avec appetit et on me ressert d'un peu de tout. Plus tard, des femmes vident la table et je pense que c'est la fin du repas, je suis terrifiee quand je vois arriver une deuxieme tournee de mets encore plus excquis. Je remange pour faire honneur, puis les femmes vident la table et apres s'etre passe les mains sur le visage, les hommes quittent la piece. Enfin le repas est fini. A peine sortie, on m'invite a regagner ma place, je pense que c'est l'heure du the, l'homme de la maison arrive avec des plats de viandes gigantesques. Pour les occasions speciales, on sacrifie un mouton, on le cuit et on le prepare pendant des heures avant de le decouper et on offre les meilleurs morceaux aux invites les plus honorables. J'ai un tout petit morceau dans mon assiette alors que mon voisin d'en face a le posterieur de l`animal. Je me force a manger le mouton sacrifie. On me demande comment on cuisine le mouton en France, je n'en ai aucune idee alors j'invente une histoire... 30 personnes m'ecoutent attentivement, j'essaie d'etre pertinente. Puis un autre plat arrive et ainsi de suite... Les bouteilles de vin moldavien, de vodka et de cognac kirghiz se vident sans probleme. Quelques heures plus tard, le repas est vraiment termine, un jeune garcon passe pres de tous les invites avec un samovar rempli d'eau chaude et une bassine pour se laver les mains, puis la maitresse de maison offre un cadeau a chacun. Je suis confuse devant une telle hospitalite. J'apprends beaucoup sur les traditions et l'artisanat kirghize. Dans un pays de 5 millions d'habitants, il y a 7 principales tribus de nomades et des mutitudes de branches. Toutes ont des traditions et des codes tres precis. L'artisanat est tres developpe, on fabrique surtout des tapis, des vetements et l`interieur des yourtes a base de feutre. Je pars dans quelques jours en direction du lac Issyk Kul pour faire le tour de ces petits artisans qui se transmettent oralement un art seculaire. Ce pays est encore plus passionant et mysterieux que tout ce que j'avais imagine -

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Lundi 26 octobre 2009 1 26 /10 /Oct /2009 08:27

Je conseille à tous ceux qui ont des velléités d’évasion, de partir avec leur maman. Une maman est la meilleure accompagnatrice qui soit. Toujours on rit et on pense aux mêmes blagues au même moment. On a les mêmes goûts, on dort et on se lève exactement en même temps. Une maman pense à prendre de l’eau, une écharpe, un appareil photo, quand on oublie. On la protège et on l’empêche de tomber dans le fossé quand elle a le nez en l’air et elle prend un air strict pour éloigner les personnes un peu trop entreprenantes. Une maman, c’est la beauté et la douceur, elle apporte des couleurs et c’est tout ce dont on a besoin en voyage. Une maman peut s’adapter à toutes les situations et on lui dit pas tout, mais beaucoup de choses ; où que l’on soit on se sent comme à la maison. Merci beaucoup maman d’être venue, on a bien rigolé :-)


Je quitte avec peine l’Ouzbekistan demain pour retrouver les montagnes kirghizes. J’aurai beaucoup appris ici et découvert une autre manière de vivre, très paisible et tranquille, une notion du temps plus lente, un style de vie familial, une hospitalité hors norme, une solidarité efficace: les riches ont le devoir d’aider les pauvres et on ne laisse personne dans la rue, deux mondes séparés : celui des hommes et celui des femmes et des enfants, des traditions encore : le mariage est un passage obligé. Que la famille soit pauvre ou riche, le mariage doit être le plus fastueux possible, puis la mariée habite dans la famille de son mari et doit la première année balayer la cour tous les jours etc. J’aurai découvert de grands hommes : Amir Timour bien sur mais aussi le poète Alisher Navoie etc. une cuisine variée et excellente, un art exceptionnel. Des valeurs en voie de disparition dans nos pays occidentaux : un respect infini envers ses parents et les personnes âgées, un fonctionnement de la société familial, une infinie générosité, une liberté individuelle et un bonheur simple.

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Mercredi 21 octobre 2009 3 21 /10 /Oct /2009 12:47

Cette ville de 400 000 habitants s’étale sur des kilomètres mais le centre historique crée majoritairement  par Amir Timour, mon protecteur et son petit fils Ulug Beg, le célèbre astronome qui fut décapité par son propre fils, est plus concentré. C’est une étape majeure de la route de la Soie située entre l’Inde, la Chine, la Perse et l’Europe, une des plus vieille ville d’Asie centrale puisqu’elle aurait été créée au V ème siècle avant JC et un haut lieu où se rassemblaient scientifiques, poètes, philosophes. L’architecture est unique au monde et la ville entière est imprégnée par le souvenir du grand Amir Timour.  Elle est traversée par de grandes avenues et des allées piétonnes et il est très agréable de s’y promener (a fortiori mi-octobre puisqu’il fait toujours 25 ° en journée). C’est aussi la ville des 1000 fontaines car il jaillit de l’eau de toute part. Les sites incontournables sont majestueux comme le Rejistan, un ensemble de madrasas recouvertes de faïence et de mosaïque bleues. La Mosquée de Bibi-Khanoum, qui porte le nom de l’épouse chinoise et visiblement préférée d’Amir Timour. Le Mausolée du Gour Emir qui abrite les tombeaux d’Amir Timour (au milieu), d’Ulug Beg, et d’autres membres masculins de la famille.

Tout le monde raconte que l’anthropologue russe Mikhail Gerasimov ouvra la sépulture d’Amir Timour en 1941 pour vérifier que c’était bien lui. En ouvrant le tombeau, il vit une inscription : « Quiconque ouvrira le tombeau sera vaincu par un ennemi plus terrible que moi » 2 professeurs ouzbeks qui étaient présents l’incitèrent à cesser les recherches, mais Gerasimov ne fut pas dupe. Le lendemain, Hitler attaqua l’Union soviétique. Gerasimov emporta le crâne d’Amir Timour pour y effectuer des analyses et lorsqu’il le rapporta 2 mois plus tard, les russes gagnèrent leur première bataille et vainquirent par la suite les allemands. Repues par la magnificience des lieux, je préfère passer mon temps dans les jupes d’Amir Timour.

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Mercredi 21 octobre 2009 3 21 /10 /Oct /2009 12:42

La vie boukhariote trop confortable et idyllique m’ennuie. Je veux faire découvrir à maman Samarcande, une autre cité chargée d’histoire, plus vivante et citadine. Le train grande vitesse est trop cher, j’accepte la proposition d’un chauffeur de taxi de nous emmener à Samarcande en 4 heures de temps pour 20 000 sums par personne (12 dollars). Le chauffeur dans sa voiture brinquebalante nous conduit dans un no man’s land, la mine de maman se défait, que va-t-il nous arriver. Le chauffeur m’explique que finalement c’est un de ses amis qui nous emmènera et nous allons devoir changer de voiture. L’autre chauffeur vient nous récupérer, il nous faut attendre 30 minutes que la voiture se remplisse et trouver deux autres personnes. Nous voyons arriver un russe aussi gros que gigantesque avec plusieurs litres de bière à la main, s’installer à l’avant en faisant trembler la voiture. Nous voilà partis ou presque puisque quelques minutes plus tard, la voiture emprunte une petite route de campagne et s’enfonce dans la forêt. Maman imagine le pire, elle pense que les deux hommes sont complices, qu’ils vont voler notre argent, la laisser dans la foret puis me kidnapper. J’aime l’imagination de maman mais elle n’est pas appropriée. Malgré tout, elle me fait part de ses plans pour sauter de la voiture si le rapt est avéré. Enfin nous nous arrêtons devant une maison et une femme vient s’installer près de nous. Ouf, tout ce détour pour récupérer le cinquième passager. La voiture part en trombe sur la route, frôle les autres Daewoo, évite les trous, le copilote fume, vide ses litres de bière, jette les cadavres de bouteilles dans la nature  et j’ai une vue imprenable sur son cou qui doit mesurer 30 cm de large. Maman est crispée et sa voisine vomit son petit déjeuner (pardon pour tous ces détails). 4 heures plus tard, le chauffeur s’arrête sur un bazar, tracte avec un autre chauffeur, transvase nos affaires dans le coffre de l’autre voiture et nous explique à maman et moi que nous finirons le trajet avec quelqu’un d’autre. Maman déboussolée pense qu’il s’agira d’un miracle si nous arrivons un jour a bon port. Je la rassure sur les méthodes ouzbekes, c’est l’habitude ici, les gens bricolent mais s’en sortent toujours. Ce dernier chauffeur finira par nous emmener devant notre hôtel presque sans histoire.  J’ai réservé l’hôtel le moins cher (7 euros pension complète). Finie la vie de château, le confort et la tranquillité, je fais subir à maman la vie de bagpackers. Des draps troués remplacent les rideaux de notre chambre, des cartons en guise de fenêtres, il faut utiliser une clé à molette pour avoir de l’eau et parler de propreté reviendrait à parler de sport à un estropié. Maman a perdu la voix, je l’emmène vite prendre un thé dans la petite cour de l’hôtel. Des bagpackers barbus nous accueillent. L’un parcourt le monde à vélo depuis 3 ans, l’autre revient d’Afganistan dans ses habits de montagnard, etc. Après quelques discussions fructueuses, nous partons en visite maman et moi. Devant la magnificence du Registan, maman recouvre la parole, je suis rassurée.

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Mercredi 21 octobre 2009 3 21 /10 /Oct /2009 12:21

Un jour, ma jolie maman est apparue à l’aéroport de Tachkent et m’a accompagnée dans mes aventures ouzbekes. Nous partons à Boukhara la grande ville sainte d’Asie centrale pour nous immerger de beauté parmi ses innombrables bâtiments qui ont traversés les siècles et les invasions. Boukhara a été construite dans une oasis dans le désert de Kysylkoum. Les rues sont ocres, remplies de madrasas et de mosquées couvertes de faïences et de mosaïques.  

Nous nous promenons  en quête de trésors dans les rues ensoleillées et marchandons quelques écharpes en soie dans les bazars couverts. caverne.jpgA partir de midi, le soleil est trop fort, nous nous reposons dans une chaikhana (maison de thé) à l’ombre d’un murier centenaire. On vient nous demander de l’argent, ou échanger quelques mots. Maman exerce une force d’attraction sur les ouzbeks qui viennent visiblement lui raconter leur vie en ouzbek ou en tadjik. Je la regarde qui écoute attentivement ses interlocuteurs et prend des mines de circonstance. Nous continuons notre visite  et partout nous rencontrons des locaux qui vendent leur tapisserie, bijoux, céramiques et suzani, tissus brodés de soie représentant en général deux ans de travail.  Nous contemplons jusqu’au coucher du soleil la  magnifique madrasa Mir i Arab à quelques pas du  Minaret Kalon qui fut épargné par Gengis Khan tellement il fut impressionné par sa beauté et la précision de ses sculptures. Maman voudrait construire une petite maison sur l’esplanade et rester ici toute la vie. Un dernier coup d’œil à l’Ark, qui fut la cité royale avant d’aller manger un plat national dans une chaïkhana digne de ce nom.

 

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  • Annabelle JG
  • Le blog de Frogabelle
  • Femme
  • Je pars de fin juillet à fin décembre sur la route de la Soie 2009 à travers 9 pays : Arménie, Géorgie, Azerbaidjan, Turkménistan, Ouzbékistan, Tadjikistan, Kirghizstan, Kazakhstan

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