Jeudi 26 novembre 2009
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12:56
Il nous faut dire aurevoir à Baktogul et sa famille.
C'est fou de s'attacher à ce
point, Baktogul a voulu faire de moi une vraie kirghize et elle y est arrivée.
Nous
partons tristes mais soulagées de ne pas nous être faites kidnappées et nous quittons ce bord du lac pour découvrir les rives sud et les montagnes rouges de Kadji Sai.
Une amie de mon interpète nous attend dans sa maison où elle vit avec son mari, sa belle-mère et sa
petite fille de 2 ans. Ca fait plusieurs mois qu'elle n'a pas eu de visite et se réjouit de nous voir. Elle s'est faite kidnappée à 17 ans et habite aujourd'hui à 6 heures de route de sa famille et
de ses amis.
Sa belle-mère la rudoie un peu mais elle trouve son bonheur dans l'éducation de sa
fille. Je suis déchirée à l'idée de quitter cette région incroyable - c'est sans aucun doute celle qui a marqué le plus mon voyage sur la route de la soie. La vie est rythmée par les traditions et
tout le monde vit heureux ou résigné dans un pur esprit nomade. Je quitte mes amis, notamment Liza, la plus grande intellectuelle de tous les temps, à son jeune âge, elle parle déjà 4 langues et à
la joie de son grand père, balbutie dorénavant quelques mots en français. Je pars le coeur léger, la jeune génération kirghize va changer le monde.
C'est fou de s'attacher à ce
point, Baktogul a voulu faire de moi une vraie kirghize et elle y est arrivée.
Nous
partons tristes mais soulagées de ne pas nous être faites kidnappées et nous quittons ce bord du lac pour découvrir les rives sud et les montagnes rouges de Kadji Sai.
Une amie de mon interpète nous attend dans sa maison où elle vit avec son mari, sa belle-mère et sa
petite fille de 2 ans. Ca fait plusieurs mois qu'elle n'a pas eu de visite et se réjouit de nous voir. Elle s'est faite kidnappée à 17 ans et habite aujourd'hui à 6 heures de route de sa famille et
de ses amis.
Sa belle-mère la rudoie un peu mais elle trouve son bonheur dans l'éducation de sa
fille. Je suis déchirée à l'idée de quitter cette région incroyable - c'est sans aucun doute celle qui a marqué le plus mon voyage sur la route de la soie. La vie est rythmée par les traditions et
tout le monde vit heureux ou résigné dans un pur esprit nomade. Je quitte mes amis, notamment Liza, la plus grande intellectuelle de tous les temps, à son jeune âge, elle parle déjà 4 langues et à
la joie de son grand père, balbutie dorénavant quelques mots en français. Je pars le coeur léger, la jeune génération kirghize va changer le monde.
Je félicite la mariée qui s'est faite kidnappée il y a une dizaine de jours et qui
habite à présent dans sa belle famille. Je demande à Baktogul si les kidnappings de jeunes filles sont encore fréquents, elle se met à rire et me répond qu'à ce même moment, un autre voisin est en
train de kidnapper sa future femme. Les invités arrivent au compte goutte et s'installent dans le salon par terre autour des tables en respectant les codes : les femmes à droite, les hommes à
gauche, les invités et personnes âgées au fond en face de la porte d'entrée. La jeune marriée reste 3 jours dans la chambre nuptiale, puis au matin du 4ème jour, elle travaille à la maison, sert
ses beaux-parents, fait la cuisine, le ménage, s'occupe des animaux etc. L'ambiance est bonne, nous mangeons comme de coutume des millions de plats arrosés de vodka. Voici venu mon tour de porter
le toast à la santé des jeunes marriés. Tout le monde m'écoute attentivement, je souhaite que leur amour soit aussi fort que la montagne Ala Too, j'ai vu juste car "barbe blanche", le sage de
l'assemblée, invite tous les invités à boire leur verre jusqu'au fond, car le bonheur est au fond du verre. Au bout de la 14ème vodka, je parle plus que d'habitude. On me demande où est mon mari et
dans un élan de lucidité, j'avoue que je ne suis pas marriée. Erreur fatale. Ma voisine de droite sort un papier et tous ensemble, dressent une liste de tous les garçons célbataires de la région,
un homme appelle son neveu, une autre femme, son cousin, bref tout s'enchaine très vite et je me débats. Au milieu du repas, tout le monde va danser avant de manger le mouton.
Je passe un moment mémorable, les hommes et les femmes enflamment le dancefloor et la vodka continue de couler à flot.
La jeune marriée est privée de tout divertissement, je vais la chercher mais sa belle mère me fusille du regard, elle travaillera dans ma cuisine
jusqu'au soir. Puis arrive le mouton sacrifié et nous continuerons de manger jusqu'à la tombée du jour.
Nous sommes les seules femmes et notre entrée
est remarquée. J'acquiers rapidement de lourses responsabilités : donner le départ de la course, encourager les coureurs, distribuer quelques dollars aux vainqueurs... Bref, je fais tout au
village.
Ce sont des enfants qui courent car ils sont légers. A 5 ans, ils grimpent déjà sur des chevaux.
Je lorgne plus loin un petit âne et corromps son petit propriétaire pour qu'il me le prête. Je
veux l'adopter et le rammener à Paris, j'essaie de m'éloigner et de perdre son petit propriétaire de vue, malheureusement il nous retrouve. Zut, sur cet échec, Baktogul m'appelle, il nous faut
partir à la chasse au renard avec le voisin et son aigle.
Mes yeux n'ont jamais vus un tel festin pose sur une table, il n'y a pas un
centimetre carre sans une coupe de confiture ou un plat traditionnel, ou une assiette de legumes, ou des noix et des amandes... Je mange avec appetit et on me ressert d'un peu de tout. Plus tard,
des femmes vident la table et je pense que c'est la fin du repas, je suis terrifiee quand je vois arriver une deuxieme tournee de mets encore plus excquis. Je remange pour faire honneur, puis les
femmes vident la table et apres s'etre passe les mains sur le visage, les hommes quittent la piece. Enfin le repas est fini. A peine sortie, on m'invite a regagner ma place, je pense que c'est
l'heure du the, l'homme de la maison arrive avec des plats de viandes gigantesques. Pour les occasions speciales, on sacrifie un mouton, on le cuit et on le prepare pendant des heures avant de le
decouper et on offre les meilleurs morceaux aux invites les plus honorables. J'ai un tout petit morceau dans mon assiette alors que mon voisin d'en face a le posterieur de l`animal. Je me force a
manger le mouton sacrifie. On me demande comment on cuisine le mouton en France, je n'en ai aucune idee alors j'invente une histoire... 30 personnes m'ecoutent attentivement, j'essaie d'etre
pertinente. Puis un autre plat arrive et ainsi de suite... Les bouteilles de vin moldavien, de vodka et de cognac kirghiz se vident sans probleme. Quelques heures plus tard, le repas est vraiment
termine, un jeune garcon passe pres de tous les invites avec un samovar rempli d'eau chaude et une bassine pour se laver les mains, puis la maitresse de maison offre un cadeau a chacun. Je suis
confuse devant une telle hospitalite. J'apprends beaucoup sur les traditions et l'artisanat kirghize. Dans un pays de 5 millions d'habitants, il y a 7 principales tribus de nomades et des mutitudes
de branches. Toutes ont des traditions et des codes tres precis. L'artisanat est tres developpe, on fabrique surtout des tapis, des vetements et l`interieur des yourtes a base de feutre. Je pars
dans quelques jours en direction du lac Issyk Kul pour faire le tour de ces petits artisans qui se transmettent oralement un art seculaire. Ce pays est encore plus passionant et mysterieux que tout
ce que j'avais imagine -
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